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En 17 chapitres et autant de mini-essais, Jean-Baptiste Baronian, un des grands spécialistes de Georges Simenon, compose un portrait du romancier et de l’homme : sa relation à l’écriture, son intérêt pour l’érotisme (Des dessus et des dessous), son rapport au cinéma (La suite à l’écran) et aux films tirées de ses romans – il n’en verra que très peu -, les lieux où il a vécu (Vivre et mourir à Marcilly), ses relations avec des écrivains comme Gide ou Cocteau, son intérêt pour la victimologie (Une vocation de victime)… Tout cela sans éviter les zones d’ombre et les non-dits.

Plus qu’un livre de circonstance – 2019 est le trentième anniversaire de la mort de l’écrivain –Simenon, romancier absolu apporte de nouveaux éclairages sur celui qui reste un des maîtres de la littérature policière et de la littérature tout court. Jamais flagorneur – il n’est pas tendre avec le Simenon mondain pour qui toute célébrité vaguement rencontrée était un « vieil ami » –, Jean-Baptiste Baronian fournit des précisions utiles sur certains points des Maigret, comme l’absence de « corrélation directe  entre les événements de la vie de son héros et l’ordre chronologique dans lesquels, de 1931 à 1972, ont paru ses aventures «  ou sur le Dr. Paul, qui apparaît dans un tiers environ de la série et qui est la seule personne citée ayant vraiment existé.

Jean-Baptiste Baronian livre aussi, en évoquant l’affaire Jacoud, qui défraya la chronique suisse en 1958 et que suivit Georges Simenon avec l’intérêt du jeune journaliste qu’il avait été, les rapports de l’écrivain avec les faits réels. Friand de faits-divers souvent d’une grande banalité mais sources d’inspiration pour de nombreux Maigret, il se garda pourtant bien d’utiliser cet épisode. En le faisant, il n’aurait été qu’un « simple rapporteur », au mieux « un excellent échotier». Comme le souligne l'auteur « Tout le génie romanesque de Simenon réside là : dans sa faculté de métamorphoser le réel, et, sans doute, de le rendre encore plus vrai que nature. »,

Simenon, romancier absolu est indispensable à tout lecteur atteint de « simenonite », une pathologie qui peut être bénigne mais aussi très aiguë selon l’auteur. il y apprendra beaucoup et découvrira aussi au hasard des pages des œuvres peu ou mal connues comme Faubourg (1937), Coup-de-vague (1939) ou La Maison des sept jeunes filles (1941) une comédie de mœurs, un « roman qui peut être mis entre toutes les mains. ».

« Ce qui les rapproche le plus, c’est leur statut littéraire, Simenon et Cocteau ayant en commun d’avoir été longtemps boudés, et même méprisés, par les gardiens du temple et les prétendus « puristes » de la littérature, une race prétentieuse, ignare, et des plus nocives. »Jean-Baptiste Baronian – Simenon, romancier absolu © Pierre-Guillaume de Roux, 2019

Tag(s) : #Critique

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