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Cela pourrait s’appeler Une erreur de Maigret. Quand une vieille dame prétend que les objets bougent chez elle, qu’on on la suit dans la rue et implore Maigret de la protéger, celui-ci ne la prend pas vraiment au sérieux. Quelques jours plus tard, la Léontine Antoine de Caramé est retrouvée étranglée dans son appartement. Pourquoi assassiner une paisible octogénaire à la vie plus que rangée ? Si les premiers suspects peuvent paraitre évidents une nièce unique héritière, son fils fauché familier de la bohème parisienne cela parait trop simple pour Maigret qui trouve ce meurtre de plus en plus improbable et inexplicable. Une découverte fortuite le met sur une piste et il s’attache à fouiller dans le passé conjugal de la victime pour trouver la vérité. Au prix d’un séjour express à Toulon pour s’intéresser à quelques mauvais garçons et retrouver un collègue rencontré dans Mon ami Maigret

Interrogatoires et entretiens tiennent une telle place dans le roman que celui-ci apparait comme constitué pratiquement que de dialogues. Le commissaire s’adresse à nombre de personnages familiers de l’œuvre : concierge et habitants des immeubles, gérants d’hôtels de second ordre, barmen et patrons de bistrots, proches de la victime, sans oublier quelques truands, petits ou grands, qui font basculer La folle de Maigret dans le roman de gangsters. Madame Maigret y a aussi sa place et le couple prend plaisir à se promener dans les rues de Paris et à évoquer souvenirs personnels et même professionnels avec une référence au rôle de l’épouse du commissaire dans L’amie de Madame Maigret.  

Ils marchaient pour marcher, pour le plaisir d’être ensemble mais ils n’avaient rien de particulier à se dire. Ils regardaient les mêmes personnes qu’ils croisaient, les mêmes étalages et, de temps en temps, l’un des deux faisaient une réflexion (2007-IX : 506)

Même si cette tendresse n’est pas exempte d’une certaine tristesse :

Mme Maigret comprit le cours qu’avaient suivi les pensées de son mari quand il murmure :

– Au fait, le fils de Marella refuse obstinément de devenir policer.

Qu’aurait-il conseillé lui-même à son fils s’il en avait eu un ?

Ils se dirigèrent bras dessus bras dessous vers le boulevard Richard-Lenoir et ils furent un long moment sans parler. (2007-IX : 595)

Le temps passe, les modes aussi et Simenon se laisse aller à quelques considérations sur les groupes pop des années 70 et les hippies (« Les trois musiciens étaient chevelus et ils portaient tous les trois des pantalons de velours noir et de chemises roses. » (2007-IX : 558) comme il l’a fait dans Le voleur de Maigret. Mais Maigret reste d’une grande humanité et, comme souvent, il saura comprendre.

Georges Simenon, La folle de Maigret © Paris, Presse de la Cité, 1970 et Omnibus 2007.

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Tag(s) : #1970, #Paris, #Gangsters et milieu, #Côte d'Azur, #Presses de la Cité
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